Enquête CFDT sur les journalistes pigistes correspondants à l’étranger de médias français

Ils informent au prix de leurs propres droits

Ils sont des centaines. La couverture de terrain de l’actualité internationale de nos médias français repose en grande partie sur eux.

Mais qui sait que derrière «de notre correspondant.e à» Sao Paulo, Berlin, Moscou ou Kaboul, se trouvent en grande majorité des journalistes français précaires, mal payés, mal protégés, mal considérés par leurs propres rédactions?

Qui sait qu’en quittant le sol français, ils s’exposent à d’immenses difficultés administratives, qu’ils doivent gérer seuls, la plupart du temps.

Du 18 février au 1er avril 2019,  sous la houlette de Elise Descamps, le pôle pigiste de la CFDT Journalistes a  mené une enquête via un formulaire en ligne.

135 répondants, presque tous français, aux trois quarts des femmes, et majoritairement expérimentés, ont répondu, preuve d’un réel besoin de s’exprimer voire d’une véritable colère pour beaucoup.

  • Les deux tiers gagnent au mieux le Smic, tous revenus confondus.
  • Seuls 20% gagnent suffisamment pour s’ouvrir des droits en cas de maladie ou de maternité (il faut minimum 20 000€ brut/an) et même s’ils l’atteignent, ils n’y ont pas légalement droit car ne résident pas en France.
  • 43% vivent dans un pays en guerre, violent, sans liberté d’expression, ou en proie aux catastrophes naturelles.
  • 44% ne sont pas prévenus quand un journaliste du siège débarque dans leur pays

Dernièrement, de grands médias ont commencé à faire sortir du salariat leurs pigistes à l’étranger, s’appuyant sur le fait que la loi Cressard –le salariat est le seul mode de rémunération possible pour les journalistes -ne s’appliquerait pas quand le collaborateur n’est pas physiquement présent sur le sol français.

La CFDT estime qu’il est du devoir des institutions et des employeurs français d’offrir des solutions pour qu’il n’y ait pas d’inégalité de traitement entre pigistes en France et à l’étranger, ni entre correspondants mensualisés et correspondants à la pige. Tous doivent bénéficier d’un statut leur permettant d’exercer leurs missions sans la crainte du lendemain.

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